Écrans et tout-petits Retour à l’accueil

Nos sources

Vous devez pouvoir vérifier ce que nous vous disons. Voici les documents sur lesquels reposent nos conseils.

Une recommandation officielle donne des repères pour protéger la santé des enfants. Une étude regarde ce qui se passe chez des enfants pour mieux comprendre leurs besoins.

Les études montrent des risques plus élevés en moyenne. Chaque enfant est différent. Elles ne disent pas ce qui arrivera au vôtre et ne prouvent pas toujours que l’écran explique les difficultés.

Recommandations officielles

[7] Commission « Enfants et écrans ». Enfants et écrans : à la recherche du temps perdu. Rapport au Président de la République, 30 avril 2024.

Ce que ça dit, en clair : Le rapport conseille zéro écran avant 3 ans, de les éviter jusqu’à 6 ans, pas de téléphone personnel avant 11 ans, pas de smartphone avant 13 ans et pas de réseaux sociaux avant 15 ans, puis seulement des réseaux conçus pour protéger les jeunes.

Limites : Ce sont les conseils de ce rapport, pas une loi ni une promesse qu’un écran devient sans danger à ces âges.

[2] Bernard JY, Poncet L, Saïd M, Yang S, Dufourg MN, Gassama M, Charles MA. Temps d’écran de 2 à 5 ans et demi chez les enfants de la cohorte nationale Elfe. Bulletin épidémiologique hebdomadaire. 2023;(6):98–105. Santé publique France.

Ce que ça dit, en clair : À 2 ans, le temps d’écran moyen estimé pour la France était de 56 minutes par jour.

Limites : Ce chiffre repose sur les réponses des parents en 2013–2014, sans mesure du temps de smartphone à cet âge ; ce n’est pas une photographie d’aujourd’hui.

Langage et mots

[3] van den Heuvel M, Ma J, Borkhoff CM, Koroshegyi C, Dai DWH, Parkin PC, Maguire JL, Birken CS ; TARGet Kids! Collaboration. Mobile Media Device Use is Associated with Expressive Language Delay in 18-Month-Old Children. Journal of Developmental & Behavioral Pediatrics. 2019;40(2):99–104. DOI : 10.1097/DBP.0000000000000630.

Ce que ça dit, en clair : À 18 mois, chez les enfants utilisant un téléphone ou une tablette, chaque demi-heure quotidienne en plus allait avec un retard de parole plus fréquent, d’après leurs parents.

Limites : Le chiffre 2,33 est un rapport de chances ; comme ce retard reste peu fréquent à cet âge, il correspond à peu près à un risque plus de deux fois plus élevé. Les réponses ont été recueillies au même moment : l’étude ne dit pas ce qui vient en premier.

[10] Brushe ME, Haag DG, Melhuish EC, Reilly S, Gregory T. Screen Time and Parent-Child Talk When Children Are Aged 12 to 36 Months. JAMA Pediatrics. 2024;178(4):369–375. DOI : 10.1001/jamapediatrics.2023.6790.

Ce que ça dit, en clair : À 3 ans, pour environ 3 heures d’écran par jour, les auteurs estiment environ 1 100 mots d’adultes entendus en moins chaque jour, soit 1 139 mots pour 172 minutes.

Limites : C’est une estimation à partir d’enregistrements de 220 familles, pas un nombre de mots oubliés ou inconnus, et elle ne prouve pas que l’écran explique à lui seul la différence.

[11] Madigan S, McArthur BA, Anhorn C, Eirich R, Christakis DA. Associations Between Screen Use and Child Language Skills: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Pediatrics. 2020;174(7):665–675. DOI : 10.1001/jamapediatrics.2020.0327.

Ce que ça dit, en clair : Dans l’ensemble, les enfants qui passent plus de temps devant les écrans parlent moins bien ; regarder avec un adulte et choisir les contenus compte aussi.

Limites : Les différences sont modestes et les âges, les écrans et les familles très variés ; aucun nombre de mots perdus n’est établi.

Sommeil

[5] Janssen X, Martin A, Hughes AR, Hill CM, Kotronoulas G, Hesketh KR. Associations of screen time, sedentary time and physical activity with sleep in under 5s: A systematic review and meta-analysis. Sleep Medicine Reviews. 2020;49:101226. DOI : 10.1016/j.smrv.2019.101226.

Ce que ça dit, en clair : Chez les moins de 5 ans, davantage d’écran va généralement avec un sommeil moins bon, notamment plus court.

Limites : Les travaux disponibles sont très fragiles dans l’ensemble et ne permettent pas de savoir quelle part du mauvais sommeil vient de l’écran.

[16] Cheung CHM, Bedford R, Saez De Urabain IR, Karmiloff-Smith A, Smith TJ. Daily touchscreen use in infants and toddlers is associated with reduced sleep and delayed sleep onset. Scientific Reports. 2017;7:46104. DOI : 10.1038/srep46104.

Ce que ça dit, en clair : Entre 6 et 36 mois, les enfants utilisant davantage les écrans tactiles mettaient plus de temps à s’endormir et dormaient moins longtemps au total.

Limites : Les réponses des parents ont été recueillies au même moment ; elles ne prouvent pas que l’écran est la cause, ni que les réveils nocturnes sont plus nombreux.

Concentration et jeu

[9] Schmidt ME, Pempek TA, Kirkorian HL, Lund AF, Anderson DR. The Effects of Background Television on the Toy Play Behavior of Very Young Children. Child Development. 2008;79(4):1137–1151. DOI : 10.1111/j.1467-8624.2008.01180.x.

Ce que ça dit, en clair : À 1, 2 et 3 ans, les enfants jouaient moins longtemps d’affilée et se concentraient moins sur leur jeu quand la télé restait allumée en fond.

Limites : Le test a eu lieu en laboratoire avec 50 enfants et un programme pour adultes ; il ne dit pas comment chacun évoluera plus tard.

[12] Pagani LS, Fitzpatrick C, Barnett TA, Dubow E. Prospective Associations Between Early Childhood Television Exposure and Academic, Psychosocial, and Physical Well-being by Middle Childhood. Archives of Pediatrics & Adolescent Medicine. 2010;164(5):425–431. DOI : 10.1001/archpediatrics.2010.50.

Ce que ça dit, en clair : Les enfants qui regardaient davantage la télévision à 29 mois avaient plus tard des résultats en maths et une participation en classe un peu moins bons à l’école primaire.

Limites : Les petits écarts mesurés ne sont pas des pourcentages de capacités perdues ; l’appréciation des enseignants et l’ancienne télévision étudiée ne décrivent pas tous les usages actuels.

Émotions et colères

[13] Radesky JS, Kaciroti N, Weeks HM, Schaller A, Miller AL. Longitudinal Associations Between Use of Mobile Devices for Calming and Emotional Reactivity and Executive Functioning in Children Aged 3 to 5 Years. JAMA Pediatrics. 2023;177(1):62–70. En ligne le 12 décembre 2022. DOI : 10.1001/jamapediatrics.2022.4793.

Ce que ça dit, en clair : Entre 3 et 5 ans, l’écran souvent donné pour calmer allait avec des émotions plus difficiles à gérer ensuite, surtout chez les garçons et les enfants très actifs ou impulsifs.

Limites : Les parents décrivent eux-mêmes les comportements ; le suivi est court et l’idée que l’écran remplace l’apprentissage de l’apaisement reste une explication possible.

[14] Fitzpatrick C, Pan PM, Lemieux A, Harvey E, Rocha FDA, Garon-Carrier G. Early-Childhood Tablet Use and Outbursts of Anger. JAMA Pediatrics. 2024;178(10):1035–1040. DOI : 10.1001/jamapediatrics.2024.2511.

Ce que ça dit, en clair : De 3 ans et demi à 5 ans et demi, davantage de tablette allait avec plus de colère ensuite, puis davantage de colère avec plus de tablette l’année suivante.

Limites : Le suivi repose sur les réponses des parents pendant la pandémie ; il ne mesure pas les seules colères au retrait de l’écran et ne permet pas de donner un pourcentage de crises en plus.

[15] Emond JA, Carlson D, Ballarino G, Domoff SE. Validating the Problematic Media Use Measure in Preschool-Aged Children: Associations With Children’s Screen Media Use, Bothersome Pestering to Use Screen Media, and Emotional Self-Regulation. Technology, Mind, and Behavior. 2024;5(3). DOI : 10.1037/tmb0000135.

Ce que ça dit, en clair : Chez des enfants de 3 à 5 ans, les pleurs et les demandes insistantes après une limite allaient avec plus de difficultés autour des écrans.

Limites : Les réponses de 85 familles ne suffisent pas à parler d’addiction ni à donner un taux valable pour tous les enfants.

Le lien parent-enfant

[4] Kirkorian HL, Pempek TA, Murphy LA, Schmidt ME, Anderson DR. The Impact of Background Television on Parent–Child Interaction. Child Development. 2009;80(5):1350–1359. DOI : 10.1111/j.1467-8624.2009.01337.x.

Ce que ça dit, en clair : Avec la télévision allumée en fond, les parents et leurs jeunes enfants échangeaient moins, et leurs échanges étaient moins riches.

Limites : Le test porte sur 51 familles en laboratoire pendant une séance de jeu ; il ne mesure pas les conséquences à long terme.

[6] McDaniel BT, Radesky JS. Technoference: Parent Distraction With Technology and Associations With Child Behavior Problems. Child Development. 2018;89(1):100–109. DOI : 10.1111/cdev.12822.

Ce que ça dit, en clair : Quand les appareils interrompent souvent les moments parent-enfant, les parents rapportent aussi davantage de difficultés de comportement chez leur enfant.

Limites : Les réponses de 170 familles ne permettent pas de savoir si les interruptions entraînent les difficultés, si les difficultés poussent à regarder l’écran, ou les deux.

Le cerveau des tout-petits

[1] Center on the Developing Child, Harvard University. Brain Architecture. Ressource de synthèse en ligne, consultée le 20 octobre 2026.

Ce que ça dit, en clair : Dans les premières années, plus d’un million de nouvelles connexions se forment chaque seconde dans le cerveau ; les échanges où l’adulte répond à l’enfant aident son développement.

Limites : Ce repère décrit le développement en général ; il ne compte pas les connexions de votre enfant et ne mesure pas un effet chiffré des écrans.